Même si je me sens bien en tant que freelance, je ne m'interdis pas de changer en cas d'opportunité intéressante. Pour cette raison j'ai participé à quelques entretiens il y a peu.

J'en tire un constat stupéfiant : plus une personne sait faire, moins on sait quoi lui faire faire ! En parallèle, je suis effaré par le niveau de spécialisation recherché.

Au cours de ma carrière, ayant été tour à tour (ou en même temps !) et dans le désordre programmeur, analyste, chef de projets, architecte système, directeur informatique, chef d'entreprise, consultant AMOA, chef d'équipe, pupitreur, chargé de clientèle ; je ne pense pas pouvoir faire une liste complète de tout ce que j'ai été amené à utiliser : C, C++, PHP, Perl, AJAX, MySQL, HTML, DNS, SMTP, X25, Unix, Linux, Windows, XML, divers assembleurs, anglais, allemand, italien, Apache, IIS, SPIP, Doxygen, Nagios, Monit, CVS, Web services, Eclipse, JavaScript, paiements en ligne, recrutement et gestion d'équipes, Joomla, osCommerce, etc. etc. etc.
....et pourtant.... quand en entretient on me demande "connaissez-vous Oracle", je ne peux pas répondre oui. Pas plus que je ne peux prétendre maitriser parfaitement le paradigme objets (même si j'ai déjà programmé quelques petits objets) ni C++, ni pouvoir installer Nagios sans relire sa documentation ni être capable de relire une expression régulière Perl sans consulter un manuel et me creuser un peu la tête, et j'ai géré tous mes projets sans connaitre CMMI ni PMI !

Et me voici face au regard désolé du recruteur "votre CV est très beau, mais pour ce poste il nous faut une personne qui soit opérationnelle hier matin et qui maitrise à 200% Nagios (ou C++ ou PMI ou XSLT)".

L'informatique serait-elle en train de devenir un métier aussi découpé en micro-spécialités que celui des ouvriers spécialisés des débuts de la révolution industrielle, où ils ne devaient savoir faire qu'une seule et unique chose mais à une cadence infernale ?

Un savoir trop "horizontal" rend-il irrécupérable en entreprise ?

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